[i553]                                              DE LA VILLE
de Marivaulx, et à la charge de augmenter ou di­minuer le nombre ainsy que bon luy semblera', et qu'ilz soient payez du tout tant absens comme pre­sens, tant festes que jours ouvrables.
" Ce que dessus a esté mis en deliberation.
«Le Conseil de ceste Ville l'a trouvé si mauvais que impossible seroit de le vous pouvoir assez am­plement dire et escripre : car, si ainsy estoit, led. sr de Marivaulx seul emporteroit la taxe de cens mai­sons, estant taxez à douze livres tournoys; et de six vingtz maisons, la mesme taxe estant faicte à dix li­vres chascune maison; de cl maisons, la taxe estant faicte à viii livres; et de mc maisons, estant faicte à quatre livres.
"Vous pouvez entendre comme les deniers sont mal aisez à recouvrer, quelque diligence que l'on en face; et encores seront plus mal aisez à recep­voir par cy après, car entre cy quinze jours à troys sepmaines une bonne partye de ceulx de ceste ville se retireront aux champs, les ungs pour craintte de dangier, les autres pour vendenges et donner ordre à leurs petitz affaires.
«Quant aud. Baptiste, ingenieur, et autres, comme ceulx de ceste Ville dient qu'ilz ont tout gasté et qu'ilz ne demandent qu'à faire durer l'œuvre lon­guement pour faire leurs besongnes, il a failli tout rompre ce qu'ilz avoient encommencé pour n'avoir prins leurs allignemens et largeurs du fossé telle qu'il failloit faire du commancement; et ne conti­nuent jamais une chose; et ce qu'ilz en font en ung jour, le rompent à l'autre; et n'ajamais esté possible d'avoir le decin et autre chose par escript sinon que le xxixc jour du moys passé, et encore c'est la plus paouvre chose que l'on veit jamais. Quant à la mo­delle qui a esté apportée en l'Hostel de ceste Ville t1', elle n'est aucunement suyvie, ains est de jour en jour changée et immuée à l'appétit dud. ingenieur.
«Quant à nous, nous n'avons que la peine à faire venir les deniers et de contenter les ouvriers. Du de­mourant nous ne nous en povons entremettre. L'on dict que nous ne nous congnoissons au faict de la fortification; cela est vray, mais s'il plaisoit au Roy nous faire marquer et desiner ce qu'il luy plaist estre faict, nous metterions peine à faire les choses en telle sorte que l'œuvre se porteroit trés bien au contentement d'ung chascun. Nous vouldrions que non seullement une personne, mais cent ou cinq cens s'il estoit possible, eussent l'œil et regard sur
DE PARIS.                                                    197
le faict de lad. fortification et que chascun fust pre­sent aux marchez que nous faisons. Ce seroit nostre grande descharge, et ne s'en pourroient les choses que mieulx porter; et ne pourroions trouver mauvais de faire quelque honnesteté à ceulx qui pregnent la peine de faire le devis de noz ouvrages. Mais l'on crainct que les choses, ainsy que l'on les a veues ar­rester et faire passer, ne tournassent en estatz et gaiges ordinaires, et que ce ne tournast en grande consequence pour l'advenir; et que lesd, gaiges, estatz et appointtemens ne fussent cause de alonger l'œuvre contre le voulloir et intention du Roy qui n'estime pas que l'œuvre doibve demeurer plus de six ans, ainsy que de sa grace il luy a pleu nous dire et declarer plus de six foys. Ceulx de ceste ville sont merveilleusement faschez des changemens et immu­tations qu'ilz voyent faire par chascun jour, jusques à nous dire qu'ilz ne payeront riens et que l'on ne sçait ce que l'on faict.
«Pour ces causes, avons advisé que l'on yroit de­vers le Roy affin de luy remonstrer les choses par le menu et, nous oïz, obeir entierement ce qu'il luy plai-roit nous commander. Mais [puis] qu'il luy a pleu sur les remonstrances, lesquelles de vostre grace il vous a pleu luy faire entendre, nous mander son bon vou­loir, nous adviserons à faire au mieulx qu'il nous sera possible pour le recouvrement de ce qu'il reste de la somme de 111e m. livres, de laquelle ne reste plus que c m. livres; car les viii m. livres qui restèrent de la somme de 11e m. livres sont maintenant es mains de nostre Recepveur.
« Le Roy nous mande par sesd, lettres qu'il faict estat de lad. somme de 111e m. livres. Nous avons trés bonne assignation pour la reconstitution des rentes que nous avons constituées, mais nous ne sommes pas obligez de fournir lad. somme de 111e m. livres; ains nous avons promis de recouvrer ce que nous en pourrions recouvrer comme nous avons faict et ferons cy après, à l'aide de Dieu. Mais il nous a semblé que nous vous debvions advertir que, ence temps et en ceste saison, les deniers sont fort mal aisez à recouvrer et si mal aisez que chacun se retire en arriere, et sont maintenant toutes les bourses closes, et ceulx à qui on en parle dient qu'ilz n'ont point d'argent.
Monseigneur , «Nous vous mercions trés humblement de l'offre
C Sur ce détail, voyez ci-dessus art. CCCVII, en bas de la page 176, col. 2.